Pourquoi l’enseignement de l’éthique des affaires est essentiel pour un climat des affaires sain

Yosra Ben-Ameur (Dr), Maitre-assistante HDR en Droit privé et sciences criminelles à la FDSPS, experte Globethics et membre Centre MENA de Globethics. Février 2026.

Pourquoi l’enseignement de l’éthique des affaires est essentiel pour un climat des affaires sain

A l’occasion de sa publication portant sur « L’enseignement de l’éthique des affaires, au service du climat des affaires », Dr. Yosra Ben Ameur Garna, auteure de la thèse de doctorat portant sur « Essai sur la relation entre l’éthique et le droit des affaires » partie i et partie ii, revient sur l'importance de la diffusion de l’éthique des affaires, tant par l’enseignement que par la formation, dans différentes universités, afin de promouvoir une éthique appliquée pour un climat des affaires sain.

Pourquoi l’enseignement supérieur est le vecteur d’une éthique appliquée

L’enseignement de l’éthique des affaires constitue une manière concrète de traduire l’éthique théorique en impact pratique et durable. L’éthique traverse le Droit et tout autre domaine. Par conséquent, les priorités que nous poursuivons dans l'enseignement deviennent communes et mondialisées.

Une implication collective et inclusive de l’enseignement supérieur peut concrétiser des stratégies éthiques, par l’implantation de la graine à la source, via « l’enseignement de l’éthique des affaires, au service du climat des affaires ». L’objectif est de gagner en applicabilité de l’éthique des affaires pour faire face aux défis environnementaux, sociaux et technologiques.

Pour cela, il faut dépoussiérer les éléments de la définition de l’enseignement, non cloisonné à une définition stricte. L’enseignement supérieur se trouve au cœur de grandes préoccupations, traduites par les ODD, impliquant d’outrepasser son rôle traditionnel de dépositaire du savoir pour plus d’ambition, d’innovation et de perméabilité aux besoins de la société notamment économique. Une approche progressive est préconisée.

Le savoir lié aux exigences du climat des affaires, consolidé par l’intégration de l’enseignement de l’Éthique des affaires

Les apprenants sont les futurs acteurs du monde des affaires. Dispenser l’enseignement de l’éthique des affaires à leur profit, permet de constituer et de consolider les outils nécessaires à ce domaine. Dés lors, il convient d’orienter l’enseignement de l’éthique des affaires, d’abord vers un aspect transversal, permettant de diffuser le savoir autour des Droits de l’Homme socio-économiques. La fondamentalisation du Droit l’implique donnant une traduction majeure d’une vision humaniste du droit des affaires et de sa pratique, notamment avec l’instauration du devoir de vigilance.

Ensuite, l’enseignement de l’éthique des affaires implique un aspect plus technique, celui de la gouvernance, clé de voute d’un climat des affaires sain. L’objectif étant d’instaurer une ligne de conduite dans l’administration, pour sécuriser le climat des affaires, à travers la transparence de l’information financière et le contrôle et vérification de la conformité. Néanmoins, l’enseignement doit intégrer le nécessaire respect du secret des affaires, face à ces impératifs de gouvernance, mesurable grâce au doute que permet l’éthique.

Les bénéficiaires d’un tel enseignement seront soit des décideurs, soit des exécuteurs de la stratégie de l’éthique des affaires. Il est question des décideurs publics législatifs et exécutifs, à travers l’adoption des lois et règlements éthiques, afin de garantir une administration efficiente pour le secteur économique. Il est également et notamment question des décideurs acteurs privés, entrepreneurs et investisseurs, décidant de leur stratégie éthique de ; concurrence loyale, actions RSE, bénéfices éthiques, devoirs fiduciaires renforcés, action citoyennes et responsables…etc.

L’enseignement permet une réelle mise en application de l’éthique en tant que règle de comportement, d’un agir. Les exécuteurs pourront alors appliquer des codes de conduites et des chartes éthiques, bien rédigés, pour avoir la coloration juridique. Ils seront également initiés pour maitriser le reporting extra financier des actions éthiques, et de surmonter des dilemmes éthiques.

La réflexion aux défis du climat des affaires par l’enseignement de l’éthique des affaires

Face à « une nouvelle ère du développement », la réflexion autour des défis du climat des affaires doit être perpétuelle. Le continuum de la réflexion dans l’enseignement de l’éthique des affaires le permet, grâce aux caractères évolutif et neutre de l’éthique. Le cadre de l’enseignement supérieur s’y prête plus que jamais, grâce à son ouverture sur l’écosystème et les partenaires économiques, afin d’améliorer l’employabilité des étudiants formés.

Entant que responsable formation du Centre des Carrières et de Certification des Compétences de la Faculté de Droit et des Sciences Politiques de Sousse, j’ai pu constater concrètement comment l’enseignement supérieur peut former des professionnels éthiques. Ainsi, une université du futur se met en place, dans une optique de relève professorale et estudiantine, à travers notamment la mise en place de la culture qualité (certification et actions RSO) et de l’implication aux ODD.

L’étudiant, adulte de demain, est alors plus que jamais appelé « à réfléchir, à hiérarchiser, à créer, à adopter une approche intuitive, à agir dans des situations complexes ». Il est amené à adopter un processus de prise de décision éthique, à l’occasion de la réflexion autour des défis conjoncturels du climat des affaires. Il doit également savoir prévenir les situations de crises et initié aux modes de résolution des différents et conflits, pour garantir la justice, aux acteurs économiques. D’évidence, le climat des affaires nécessite la stabilité économique, d’où l’intérêt de pacifier les relations.